Bien-être au travail :

Les Managers Du Bonheur (CHO)

 

Plus qu’une tendance, c’est devenu une évidence pour certains grands groupes français et cela va le devenir pour tous ceux qui n’en avaient pas encore conscience. 

Cette nouvelle fonction atypique peut-elle favoriser le bien-être et agir comme un levier de performance ?

Est-ce une véritable tendance ou un coup d’éclat marketing pour combattre la forte communication des médias face au burn-out au travail ?

 

D’où vient le « Manager du bonheur » ?

L’idée est venue d’un grand monsieur, il s’agit de Chade-Meng Tan, ingénieur chez Google.

À l’époque, il se donne pour objectif de tout faire pour que les salariés de Google se sentent heureux au travail.

Chade-Meng Tan invente ainsi le concept de responsable du bonheur et devient le « Jolly good fellow » ou « super bon camarade » en français, de ses collègues. Le concept se développe peu à peu dans la Silicon Valley dans les années 2000.

En 2015, le métier traverse l’Atlantique et conquit les grands groupes français et start-up.

Blablacar et Allo resto font partie des premières entreprises en France qui ont révolutionné leur mode de fonctionnement.

Et, en 2016, elles entrent dans le palmarès « Great Place to Work » qui récompense 66 entreprises où il fait bon travailler.

(3 ème place pour Blablacar et 35 ème pour Allo Resto dans la catégorie des entreprises de moins de 500 salariés où il fait bon travailler en 2016.)

 

Le but de ce poste est donc de veiller à ce que chacun soit heureux au travail.

En effet, le Chief Happyness Officer se situe entre un manager et un responsable de la communication interne.

Il est le lien entre l’épanouissement de l’employé et la productivité de l’entreprise. 

Le métier consiste à créer des conditions de bien-être pour les salariés en étant à leur écoute et en proposant des améliorations au quotidien.

Les mutations actuelles de nos modes de travail, notamment avec la transformation digitale, sont favorables à la création de ces missions dans de nombreuses organisations.

C’est un poste clé qui permet de renforcer et de faire vivre les valeurs de l’entreprise.

 

Les qualités requises pour être efficace dans ce travail sont nombreuses…

Un manager du bonheur doit être positif, créatif, dynamique, optimiste pour arriver à transmettre le bonheur aux autres.

Il est souvent diplômé en ressources humaines ou en communication car l’enjeu est à la fois humain et économique.

 Il est préférable d’être plutôt de nature altruiste et à l’écoute des autres pour bien cerner les attentes de chacun.

 

 

Quels sont donc les missions du Chief Happiness Officer (CHO) pour rendre heureux le salarié ?

Le responsable du bonheur a pour mission de s’assurer que chacun est bien dans son poste et dans son esprit.

Véritable garant de l’épanouissement des employés, il s’assure que ses relations avec ses collègues et sa hiérarchie soient harmonieuses.

Les missions du Monsieur Bonheur en Chef peuvent être multiples :

  • Organiser des petits-déjeuners sur le temps de travail, des déjeuners, des apéros, des afterworks offerts par l’entreprise, séminaires ou un concours de pronostics pendant l’Euro de football par exemple. Ce type d’actions favorisent la cohésion de groupe et cela peut renforcer une équipe.
  • Identifier des problèmes vécus par les salariés et trouver des solutions appropriées,
  • Mise en place d’activités de détente en interne, le CHO est un créateur de bonne ambiance/bonheur au travail : yoga, karaoké, sophrologie, séances de massage
  • Modification des dispositifs de mobilités internes et la mise en place du télétravail par exemple, pour certains postes.
  • Proposer des services spécifiques au personnel : abonnement dans une salle de sport, crèche, conciergerie…
  • Accueillir les nouveaux salariés et veiller à leur intégration,
  • Prêter une attention particulière à certaines problématiques individuelles,
  • Planifier et organiser la communication interne,
  • L’aménagement de locaux agréables et d’espaces de repos qui servent à couper un moment avec la sphère professionnelle et à reprendre une activité dans un esprit détendu.

Les missions du CHO vont aussi dépendre de la personne qui l’incarne. Il est là pour mettre en place les pratiques et processus de l’entreprise.

 

Quel est l’avantage de recruter un Happiness Manager pour l’employeur ?

Des études sur la qualité de vie au travail prouvent qu’un employé heureux est de 10 à 12% plus productif sur son lieu de travail.

Avoir un CHO, c’est mettre toutes les chances de son côté pour limiter son turn-over, faire baisser l’absentéisme et garder la motivation de ses équipes au beau fixe. 

Les avantages sont nombreux : 

Augmenter sa rentabilité :

Si les salariés sont bien au travail, ils seront par conséquent moins absents et donc plus productifs.

Un employé heureux est deux fois moins malade, six fois moins en maladie, ou encore neuf fois plus loyal !

Renforcer le sentiment d’appartenance à l’entreprise et de confirmer son expertise marché :

Une personne heureuse en général est fidèle.

Avoir une équipe stable, c’est avoir des salariés aux compétences confirmées et dotés d’une expertise précieuse qui contribue à la renommée de l’entreprise.

Éviter des coûts inutiles liés au recrutement et aux formations des nouveaux (aide à la lutte contre le turn-over).

Véhiculer une bonne réputation et attirer les meilleurs candidats :

C’est l’opportunité de pouvoir recruter des profils très divers avec de précieuses compétences pour se développer.

C’est aussi une possibilité pour que les salariés parlent de l’entreprise autour d’eux.

Diminuer les maladies professionnelles liées aux risques psychosociaux tels que le burn-out. 


Lorsque l’on offre à ses employés de bonnes conditions de travail, on favorise la cohésion de groupe et l’entraide au sein des équipes.

On réduit aussi les facteurs de stress et de mal-être.

Valoriser l’image de marque en montrant sa capacité à gérer le déploiement d’une politique de satisfaction des collaborateurs :

C’est un moyen de « désamorcer la critique » autour d’un « management moderne bienveillant ».

Les salariés n’ont ainsi plus de légitimité à critiquer et à se plaindre. Le blason de l’entreprise est in fine redoré…

En effet, force est de constater qu’un salarié heureux est plus efficace et motivé, et donc plus rentable !

 

Mais il est aussi vrai que nous n’avons jamais autant entendu parler de burn-out ou de souffrance au travail…

Le burn-out menace une quantité non négligeable de travailleurs, être heureux au travail est au centre des préoccupations et la réflexion à ce sujet donne lieu à tout un tas de tentatives et expérimentations.

Le CHO n’en serait-il pas une ?

Selon l’organisation mondiale de la santé, la France arrive aux 3ème rang des pays recensant le plus grand nombre de dépressions liées au travail.

Le nombre d’employés qui souffrent de burn-out a augmenté de 10 % à près de 17 % entre 2014 et 2017.

Les salariés français sont épuisés, se détachent mentalement de leur travail et ils ont moins confiance en eux.

Les causes sont pour 41 % liées à l’organisation du travail, 38 % la non-satisfaction aux exigences personnelles et 31% les relations avec la hiérarchie (harcèlement vertical) et avec les collègues (harcèlement horizontal).

C’est donc une réelle prise de conscience, mais il y a encore trop peu d’actions.

Seulement, 32 % des DRH ont pour l’instant, mis en place un dispositif pour combattre la souffrance au travail alors que de plus en plus d’entreprises se disent préoccupées par l’augmentation du stress professionnel.

Les managers du bonheur sont peut-être la solution pour libérer nos services RH essoufflés de tâches qu’ils ne sont plus capables de gérer ? 

Le métier répondrait donc ainsi à un besoin qui ne cesse de se développer. 

Cette nouvelle profession, dont les contours sont encore mal dessinés, laisse tout de même entrevoir de belles perspectives d’avenir et demain encore plus qu’hier. 

Les entreprises françaises ont aujourd’hui les cartes en main. Vont-elles vouloir ou non s’orienter dans cette direction, seul le temps nous le dira. 😉

 

Le rôle du CHO en temps de Crise 

Nos conditions de travail ont  bien changé depuis la rédaction de cet article il y a 2 ans. 

Le rôle et les missions du CHO ont-elles étaient modifiées pendant et après le confinement ?

Comment évaluer la santé psychique et morale  de ces équipes pour un Chief of Happiness Manager confiné ? 

 

On a hâte de recevoir vos retours d’expérience ! N’hésitez pas à nous raconter vos anecdotes, ressentis, expériences  en commentaires 👇

 

(Sources : INSEE, enquête CSA, études Harvard et Stanford, Huffington Post))